10 janvier 2008
2008, faut-il craindre ou souhaiter la restructuration des hôpitaux ?
Le recrutement des directeurs s'ouvrirait aux médecins, voire aux managers du privé.
La conférence de presse, hier, de Nicolas Sarkozy confirme les propos du discours de Bordeaux sur l'hôpital :
- "L'hôpital est en déshérence et les 35 heures lui ont porté le coup de grâce. "
- "l'hôpital sera l'une des priorités de 2008" ,
- le remède sera un " changement complet, de fond en comble, de gouvernance " .
- L'hôpital n'est " plus gouverné, parce que dans l'hôpital aujourd'hui, chacun a suffisamment de pouvoir pour dire non, et personne n'a du pouvoir pour dire oui "
- Il convient de doter l'hôpital d'une " autonomie de gestion ".
- Il faut que " le directeur soit le patron reconnu, le seul ", qu'il soit " un manager d'excellence formé et évalué régulièrement " et que son recrutement s'ouvre aux médecins " et pourquoi pas aux managers du privé ".
- Il y aura un " effort " en faveur des services d'urgence et une transformation des structures hospitalières " sous-utilisées " pour accueillir des personnes âgées " qui ont du mal à trouver un hébergement adapté à leurs besoins "
01 janvier 2008
Voeux du snch bretagne
Le bureau et toute l'équipe du
bretagne
vous souhaitent beaucoup de courage et de réussite pour l'année 2008.
24 octobre 2007
Elections CAP/CTE : Saint-Malo l'Exemplaire
La toute nouvelle section locale snch de St Malo a frappé fort.
Que l'on en juge :
- 1 siège au CTE, catégorie A (classement: 1er sur 5),
- 1 siège CAP 2 (classement: 2ème sur 5),
- 1 siège CAP 3 (classement: 1er sur 5).
Le snch s'impose ainsi comme une composante syndicale incontournable au CH de Saint-Malo.
Comme le souligne Jean-François Vieau, Secrétaire de la section locale et représentant régional de la catégorie soignante :
"Les cadres ont prouvé une nouvelle fois leur engagement dans la vie institutionnelle par un fort taux de participation aux élections professionnelles locales. Nous poursuivons la promotion du programme snch, tout particulièrement la reconnaissance des Cadres. "
28 août 2007
Prime pour postes difficile : une discrimination positive comme un élément de modernité de la FPH !
Pour aller au delà de l'incompréhension que suscite une analyse rapide et partiale de cette mesure destinée aux directeurs d'hôpital, quelques éléments d'explication suivis d'un commentaire.
I. Les faits
- Cette prime de sujétion a pour objet de renforcer l'attractivité de certains postes, considérés comme "particulièrement difficiles"
- Compte-tenu de l'attrait de la région Bretagne, peu de postes sont concernés : Redon, Carhaix, et Quimperlé
- On constate que la taille de l'hôpital, et celle du bassin de population déservie, est relativement homogène : elle est représentative de celle d'hôpitaux généraux, ayant à traiter les même problématique que les grands établissements : normes, sécurité, responsabilité... mais avec des moyens infiniment moindre, car une mutualisation sur un plus grand nombre de lits n'est pas possible
- Dans ce contexte, l'exercice des responsabilités de direction est périlleux : la responsabilité peut être engagée à tout moment, la disponibilité et la vigilance requise est constante, l'organisation de son travail personnel est sans cesse contrariée par la survenue d'évènements qui appellent une réponse immédiate.
- Dans ces conditions, on constate une rotation rapide des équipes de direction, et un nombre de candidats inférieurs aux autres établissements, de taille plus importante, et même de taille moins importante mais spécialisés dans des activités plus restreintes
- Pour prendre l'exemple de Quimperlé, le poste de directeur était vacant il y a deux mois, et 2 postes d'adjoints sont vacants sur une équipe de 5 directeurs
- Ainsi, comme pour les médecins, pour lesquels cette prime existe sans qu'elle ne soit contestée par personne depuis 3 ans, il s'agit de rétribuer un travail plus difficile, et de rendre le poste plus attractif
II. Le commentaire
Il faut considérer cela dans son principe comme une chance pour les établissements qui en bénéficient, et une modernisation bienvenue de la fonction publique.
- une chance pour les établissements qui en bénéficient :
- car la qualité d'une équipe de direction ne peut que bénéficier à
tout l'établissement.
- N'oublions pas que c'est le directeur qui porte les projets de
l'établissement devant l'ARH, qui prépare et applique les
délibérations du conseil d'administration, qui est responsable du
personnel et du budget, , qui est le représentant légal de
l'établissement et qui anime le dialogue social en son sein
- Un établissement dynamique doit pouvoir compter sur une équipe de direction dynamisante
- une moyen de moderniser la fonction publique (à l'instar de ce qui se fait pour les médecins) :
- dans un autre temps, on aurait augmenté tout le monde, ce qui n'aurait pas répondu au pb
- on aurait pu aussi attendre pour constater le manque d'attractivité, que les postes ne comptent plus un seul candidat. Mais ce serait bien évidemment préjudiciable à l'établissement, car aujourd'hui, il est déterminant de prendre les décisions importantes au moment le plus opportun, sans attendre
- ici, à l'inverse, le ministère a su anticiper, et a tenté de construire une réponse adaptée aux situations les plus significatives. Cette solution a l'inconvénient de susciter des critiques, qui sont essentiellement des incompréhensions : mais nul ne doute que si aucune mesure n'avait été prise, certains établissements se seraient retrouvé dans des situations de vacance prolongée de la direction
- cette façon d'aborder les problèmes est vraiment novatrice : pour gérer les emplois de la fonctions publique, il faut bien renoncer aux vieilles recettes qui consistaient à s'appuyer sur le sacerdoce, l'inconscience, ou la contrainte sur les plus jeunes et les plus inexpérimentés qui ne pouvaient pas choisir leur affectation mais qui s'en allaient à la première occasion
- en ce sens, cette expérience pourrait tout à fait être généralisée à d'autres catégories d'emplois de la fonction publique. Ici encore, comme en bcp d'autres points, la fonction publique hospitalière est pionnière et peut inspirer d'autres réformes dans d'autres fonctions publiques
23 août 2007
évaluation des directeurs d'hôpital
Une réunion du comité régional de suivi se tiendra à l'ARH Bretagne le 3 septembre prochain.
Les textes de la campagne d'évaluation 2007 pour les DH :
Circulaire__valuation_DH_2007
Support_Evaluation_DH_2007
26 juin 2007
Congrès régional Nouvelle Gouvernance
Le prochain congrès régional snch aura lieu le
Vendredi 7 septembre 2007
10 heures
à Quimper - IFSI du CH E Gourmelen
La matinée, ouverte aux adhérents et non-adhérents, sera consacrée à la nouvelle gouvernance :
Table ronde Nouvelle gouvernance : trop ou trop peu ?
Malaise de certains, enthousiasme des autres : au delà du partage d'un constat nécessairement contrasté, les différentes catégories pourront se pencher sur des sujets de prospective :
- quelles sont les conséquences fonctionnelles,
- le nouveau partage des responsabilités et des missions,
- l'impact sur les catégories soignantes, administratives et directeurs, de l'arrivée des médecins dans le registre managérial ?
- ...
En présence du Président, Philippe El Saïr, la table ronde sera animée (notamment) par :
- Alain Tanguy, directeur, CH St Malo
- Paule Daouben, coordonatrice générale des soins, CHIC Quimper
- Franck Voléon, attaché d'administration hospitalière, CH Guillaume Régnier, Rennes
- Monique Mazard, coordinatrice générale des soins, CHU Nice
L'après-midi sera consacré aux rencontres par catégories, et aux thèmes d'actualité.
Un déjeuner sera proposé sur place.
Pouvez-vous dès à présent, pour ceux qui ne l'ont pas encore fait :
- me confirmer par retour de courriel votre présence matin/ap-midi/M+AP/Repas
- m'adresser les questions ou problématiques que vous souhaiteriez voir abordées au cours de la table ronde ou de l'après-midi
r.condon@ch-bretagne-sud.fr
25 avril 2007
DES-DESS : réunion régionale le 3 mai à Rennes
J’ai le plaisir de vous informer
qu’une réunion régionale « spéciale DES – DESS » animée
par
Philippe El Saïr, Président du SNCH
et Michel MARTINEZ, Vice-président adjoint du SNCH, aura lieu
le jeudi 3 mai
prochain à 18H30 - Centre
de Formation du CH Guillaume Régnier - 15
rue du Bois Perrin - RENNES
Cette rencontre sera
l'occasion :
· de présenter le projet du SNCH pour les
DES et les DESS tant en termes de métier que de secteurs et
d’établissement.
· de recueillir vos idées,
· d’échanger.
Cette rencontre est ouverte
à toute la profession, adhérents et sympathisants.
Aussi merci de transmettre cette information au plus grand nombre des
collègues DESS et DES de la région Bretagne.
Dans la perspective
des élections mais aussi de l’évolution de notre statut, de la nouvelle
articulation du secteur sanitaire, social et médico-social, il est important
que chacun d’entre nous reste mobilisé et fasse part de ses attentes et
de ses ambitions.
Nathalie le Friec - DESS, HL Port Louis/Riantec
17 janvier 2007
Directeurs d'Hôpital : ne remettez pas à demain...
... votez AUJOURD'HUI pour le snch.
et pour les indécis, circonspects devant le foisonnement d'informations qui déferle dans leur boîte aux lettres, je vous propose 3 repères pour vous convaincre du vote snch :
- Renforcer le "fait majoritaire" et éviter une dispersion des voix préjudiciable à l'audience de notre profession
- Soutenir une plate-forme de projets ambitieuse, tant pour l'hôpital public que pour les directeurs d'hôpital
- Défendre la politique active et concrète du snch en matière de soutien individuel aux DH (cf les nouveaux services)
Merci pour votre soutien et votre engagement.
05 décembre 2006
Réunion régionale "Projet DH" le 15/12
Une réunion régionale spéciale "Projet DH" aura lieu
le 15 décembre à 14 heures 30
Centre
de Formation du CH Guillaume Régnier
15 rue du Bois Perrin - RENNES
Animée par Philippe El Saïr, Président du snch
et Philippe Blua, Vice-président de la catégorie DH,
cette rencontre sera l'occasion :
- de présenter le projet snch pour la profession DH,
- de recueillir vos idées à l'occasion d'un débat sur ce thème
- de mesurer l'enjeu du renouvellement du snch
Cette rencontre est ouverte à toute la profession, adhérents et sympathisants, selon la formule initiée avec succès à Toulouse.
27 octobre 2006
Un nouveau site snch.fr
Le 17 octobre a été lancé le nouveau site snch.fr.
- + de services et de proximité au rendez-vous
- une ligne éditoriale claire
- des photos
- une nouvelle charte graphique...
06 septembre 2006
A nouvelle gouvernance, nouvelle gouvernance et demie
L'efficience, cet impératif catégorique de la modernité, se voit dotée, avec la NG, d'un dispositif organisationnel capable de la servir.
Il est ainsi assigné à chacun des acteurs un recentrage sur la production d'une activité qualitativement et économiquement performante, au sein d'organisations cohérentes et dotées d'une plus grande autonomie (les pôles).
Ne discutons pas de savoir s'il s'agit d'une évolution ou d'une révolution : constatons simplement que la réforme de l'Etat sera bien engagée si les principes en oeuvre dans la NG s'appliquent dans leur ensemble à l'organisation administrative de l'Etat.
Il y aurait quelque paradoxe à considérer que l'effort justifié demandé aux établissement de simplification à tous étages (organisation, prise de décision...) ne se traduise pas par une exigence similaire portée, par homotétie, aux échelons supérieurs de l'administration de la santé (assurance maladie y compris).
Quelques signaux récents ne laissent pas présager en la matière de changements significatifs :
- une culture du contrôle (du soupçon ?) qui prévaut sur une culture d'accompagnement de projets (contrôle des GHS et récupération des "indus")
- une série de mesures tarifaires dont la mise en oeuvre s'avérera peut-être plus coûteuse qu'économe (le forfait de 18 euros en est un "type idéal")
- une inflation statistique nous conduisant à remplir questionnaires, enquêtes et reportings sans soucis de la disponibilité de l'information, pas plus que des doublons éventuels
- un modèle tarifaire instable dans le temps et imprévisible (les tarifs varient, les périmètres changent, les algorithmes de groupage sont modifiés, les crédits fléchés sont délégués en fin d'exercice budgétaire...)
- une culture de la planification insuffisamment affranchie du spectre du "Gosplan", je veux parler en particulier des objectifs quantifiés...
La présentation de la nouvelle gouvernance en région pourrait utilement être l'occasion d'engagements sur une simplification des relations entre les établissements de santé et leur interlocuteurs en position de responsabilité.
La réforme y gagnerait en crédibilité, en cohérence, et en faisabilité.
01 juillet 2006
Un statut digne pour les Adjoints des Cadres. Vite !
Le SNCH, réuni les 22 et 23 juin en Congrès
National à Saint-Malo, a longuement abordé durant ses débats la problématique de
la rénovation du statut des adjoints des cadres hospitaliers.
Depuis 2004, le SNCH revendique une plate-forme profondément rénovée pour les ACH. Il en va de la dignité des intéressés, délaissés sans raison par la modernisation intra FPH.
- Pour un positionnement du corps sur une grille CII à un seul grade, garant d'une carrière totalement linéaire
- Pour un recrutement monté à Bac + 2, simple reconnaissance des fortes compétences présentes et attendues.
- Pour un
concours sur titre, gage de recrutements adaptés dans les métiers, les profils et la géographie
- Pour un régime indemnitaire rénové, spécifique au grade, et sappliquant à tous les ACH quil soient en début ou en fin de carrière.
Dautre part, considérant que les métiers, les missions et la
technicité des ACH les différencient à présent totalement des secrétaires
médicales :
- le SNCH est le seul syndicat à avoir demandé dans le cadre des négociations le décrochage du corps des ACH de celui des secrétaires médicales, et, de ce fait, des carrières et des CAP séparées.
Le SNCH tient à réaffirmer sa solidarité avec nos
collègues ACH dont il perçoit parfaitement, et depuis fort longtemps,
limpatience, lexaspération voire la frustration.
Il souligne encore une fois
quil nest plus acceptable que ce corps puisse être éternellement écarté des
revalorisations statutaires. Lactuel décret des ACH a quinze ans, il doit
impérativement être reconstruit.
Le message que tient à exprimer le SNCH
à l'actuelle coordination est clair. A lissue des négociations actuellement en
cours, un protocole daccord devrait être proposé par le Ministère de la Santé.
L'éventuelle signature du SNCH au bas de ce document sera conditionnée par
linscription dans ce document de principes quil considère comme
incontournables. La rénovation du statut des adjoints des cadres hospitaliers
sera l'une delles.
(texte rédigé par Bruno Guessard, Vice-président du SNCH chargé des Cadres Administratifs)
Réagissez à ce message en plaçant vos commentaires !
Grève des PH, misère du public
Décidément, rien ne sera épargné à la république : après avoir subi l'incendie d'une école maternelle par de jeunes habitants de cités, elle assiste aujourd’hui impuissante à la destruction méthodique de ses hôpitaux par certains de ses praticiens les plus protégés.
Un mot d'ordre de « grève administrative » agite en effet les médecins des hôpitaux publics.
Motif ? l'affectation d’une catégorie de médecins par le directeur et le président de la CME, en lieu et place du ministre.
Moyen ? arrêt des activités dites « non-médicales », dont, en particulier, le recensement des éléments médicaux indispensables à la facturation.
Résultat : sous le regard attentiste de l'assurance maladie, le secteur privé assiste, arme au pied, au sabordage impeccable de l'hospitalisation publique.
Mais comment a-t-on pu en arriver là ? Quelle infamie frappe-t-elle la fine fleur de nos hôpitaux pour que, dans un geste d'autodestruction d'une rare violence, elle en arrive à s’attaquer sans états d’âme à son outil de travail ? Comment par exemple des chirurgiens sensés, des hommes et des femmes expérimentés et brillants, finissent-ils, au nom même de la défense de leur indépendance, par se soumettre sans discernement à une consigne, inepte et suicidaire, conçue par des psychiatres ?
Inepte bien sûr. Car enfin, que le ministre de la santé, une fois qu'il a nommé dans un établissement de santé un praticien hospitalier, laisse à la décision conjointe du responsable médical de l'établissement et du directeur l'affectation dans tel ou tel pôle n'a rien de scandaleux, dès lors que le caractère local de cette affectation permet de raccourcir considérablement des délais de procédure aujourd'hui interminables! Quant à la prétendue perte d'indépendance du médecin dans l'exercice de son art, personne à ce jour, pas même un praticien « gréviste » n'est en mesure de donner un exemple concret qui la caractériserait au regard de la réforme incriminée, pas plus que le commencement du début d'une conséquence dommageable de son affaiblissement.
Suicidaire sans aucun doute. On aurait compris, à la rigueur, que les modalités de protestation conduisent les praticiens à faire davantage d'activité, pour attirer l'attention de l'assurance maladie au moment même où elle est engagée dans la difficile bataille pour l'équilibre de ses comptes. Las ! C'est tout au contraire une sérieuse économie que les médecins, à leur corps défendant, lui offrent sur un plateau... Car à l'évidence, ne pas coder l'activité médicale, c'est priver de recettes les hôpitaux, et les condamner de facto au déficit. Car à l'évidence, considérer qu'un déficit sera automatiquement renfloué relève d'une méconnaissance profonde, et inquiétante, des enjeux qui pèsent aujourd'hui sur le monde de la santé. Devant l'opinion en effet, des hôpitaux en déficit sont des hôpitaux mal gérés. Et face aux résultats financiers insolents affichés par la Générale de Santé, couper des branches mortes des hôpitaux sera d'autant plus facile aux décideurs publics qu'elles auront été préalablement sciées, consciencieusement, par ceux là même qui sont dessus.
Encore une fois, le monde hospitalier prend le risque de se montrer au citoyen incompréhensible et inquiétant. Mais ne nous y trompons pas : l'incompréhension la plus profonde appartient bien aux "médecins grévistes".
Incompréhension de ce qu'est devenue la médecine, tout d'abord. La nature de la médecine n'est pas, et n'a jamais été, de débiter des actes médicaux à la chaîne. L'activité médicale, c'est aussi expliquer au patient, s'assurer de la qualité complète de la prise en charge, en utilisant pour cela des outils inclus dans le dossier du patient. La frontière entre le médical et "l'administratif" n'est dès lors plus une ligne Maginot : ainsi le conseil d'administration doit-il faire reposer sa stratégie sur des données médicales ; ainsi les financiers ont-ils besoin d'une qualification médicale pour facturer l'activité ; ainsi de même, le médecin doit-il connaître le coût de sa pratique et avoir des notions de la couverture sociale de ses patients pour envisager tous les aspects liés aux "bonnes pratiques". A cette aune, la notion de "grève administrative", qui opposerait une pratique médicale "pure" à une pratique "impure" relève d'une conception intellectuelle intégriste et dépassée de la nature de la médecine.
Incompréhension ensuite du concept de gouvernance hospitalière. La récente réforme consistant à donner plus d’autonomie aux acteurs du soin dans la gestion des hôpitaux suscite un espoir légitime de dépasser les frustrations et les blocages dont ont souffert de nombreux établissements. Faire la preuve, au moment même où cette réforme se met en place, d’une telle irresponsabilité, assumée, revendiquée et martelée, ne peut que rendre les pouvoirs publics inquiets dans la capacité des acteurs médicaux à s’approprier un autre discours que celui de leur propre portefeuille. Quel gâchis, pour ceux qui portent, dans les hôpitaux, de plus belles et hautes valeurs.
Incompréhension toujours, quand il s’agit de décliner le modèle de l'indépendance du médecin. Que la profession se batte pour conserver dans son jugement médical, dans son rapport au patient, une liberté dont le gardien ultime sera la seule conscience du praticien : bien sûr. Les juges défendent, pour des raisons équivalentes, un principe similaire. Que pour autant cette indépendance soit systématiquement mise en avant pour dissimuler une intolérance radicale à toute forme d’évaluation (dont l’activité représente l’une des caractéristiques) – ne peut être compris par nos concitoyens. L’honneur du service public est de rendre des comptes : c’est une condition de sa légitimité, sinon de sa performance.
Incompréhension enfin de tous les usagers de la santé, qui découvrent ébahis que les comportements censés indolores de leurs médecins conduisent dans de nombreux cas, faute en particulier de pouvoir joindre à temps un acte dans un dossier de remboursement, à leur faire perdre le bénéfice d’une prise en charge de leurs soins par l’assurance maladie. Savent-ils que certains de leurs patients se sont endettés après leur opération à l’hôpital ?
De grâce, appelons-en à la raison, puisqu’il n’existe en France aucune autre instance, et pas même un ministre, pour mettre fin à cet épouvantable gâchis : avec tous les médecins qui croient au service public hospitalier, avec tous les citoyens qui refusent la destruction de cette magnifique invention que nous avons héritée des hautes luttes qui l’ont rendue possible, faisons, pour notre bien commun, cause commune.
16 mai 2006
Exercice budgétaire 2006 : mission impossible ?
Ce n'est pas un nouveau film avec Tom Cruise, mais voie assignée aux établissements publics de santé est plus qu'ambitieuse : elle relève de la mission impossible.
La Bretagne n'est pas épargnée par un plan d'économies qui ne concerne que le seul secteur public de la santé, et qui représente un montant régional de 24 millions d'euros (l'équivalent de 533 postes d'infirmières).
Ce plan de nature
comptable est à nouveau dénoncé par le SNCH : au delà des directeurs,
ce point concerne tous les cadres des établissements de santé...
Extrait de la déclaration préalable de Philippe El Saïr à l'ouverture du comité consultatif national paritaire le 9 mai :
Les
conditions d’exercice professionnel des directeurs découlent
aujourd’hui très largement du sort budgétaire réservé à l’hôpital
public au titre de la campagne 2006. Au cours de cette année, le SNCH
rappelle une fois encore que l’hôpital public cumule une baisse des
tarifs de 1% et un plan d’économie national dont il a le privilège,
puisque ce n’est pas le cas de l’hospitalisation privée.
Dans le
contexte d’un exercice budgétaire impossible, le SNCH souligne que les
directeurs ne sauraient être tenus pour responsables des déficits
appelés à s’accumuler.
De même, alors que des décisions
difficiles vont devoir être prises au niveau local (gel de postes,
fermeture de services, reconversion d’activités d’établissement), le
SNCH souhaite que les directeurs bénéficient d’un soutien clair des
autorités de tutelle.
15 mai 2006
Logements de fonctions : un confort inconfortable ?
La Cour des comptes relance la lancinante question des logements de fonction des directeurs d'hôpital : à l'occasion de son dernier rapport, elle demande à ce que le décret, attendu depuis 20 ans, soit absolument publié et respecté.
Suit une liste d'abus divers, justifiant la remarque.
Longtemps considéré comme un avantage, censé favoriser la mobilité, la liste est longue des infortunes liées aux logements de fonction, au premier rang desquelles :
- conformité entre parc immobilier disponible et attentes personnelles et familiales : dans les cas où des frais sont engagés par les établissements pour concilier attentes légitimes et capacités d'accueil, le directeur est fragilisé dans son autorité. Même si la critique est injuste, comment ne pas prêter flanc aux accusations de "se servir soi-même", dans un contexte de contrainte budgétaire de plus en plus marqué. Pour faire court : on est toujours le "Gaymard" de quelqu'un.
- pas de prise en compte pour la retraite : il arrive un jour où l'avantage en nature se transforme en tout autre chose qu'une sinécure. C'est "l'effet cendrillon" en quelque sorte.
Je ne parle pas des couples de directeurs, dont l'avantage en nature est de facto divisé par deux...
Et si la modernisation du corps de direction passait aussi par la levée de ce tabou ?


